L’histoire DS : 1955-1975, vingt ans de style, d’élégance et d’icône absolue
À travers sa série « Storie DS », la marque nous invite à replonger dans les chapitres d’or de son histoire. Dix rendez-vous exclusifs pour redécouvrir des anecdotes savoureuses, décrypter l’impact socioculturel et comprendre les valeurs de rupture qui guident DS depuis ses origines. Premier arrêt : octobre 1955, le mois où le monde de l’automobile a basculé.
Le big bang d’octobre 1955 : Quand la « Déesse » rencontre la « Lollo »
Samedi 1er octobre 1955 : deux icônes absolues de l’élégance prennent la pose devant l’objectif de Paris-Match. D’un côté, la révolutionnaire Citroën DS19, de l’autre, la somptueuse actrice italienne Gina Lollobrigida, véritable marraine de cœur du modèle.
Quelques jours plus tard, le 4 octobre, la DS19 est présentée en avant-première aux grands patrons de l’industrie française (Renault, Peugeot, Panhard). Le verdict des concurrents est unanime : l’auto est jugée trop moderne et coûteuse, mais tous confessent qu’elle a au moins dix ans d’avance sur son temps.
Le 6 octobre à 9h, les portes du Salon de l’Auto de Paris s’ouvrent enfin. Sur son plateau tournant, la DS19 couleur jaune champagne et toit aubergine déclenche une hystérie collective sans précédent :
- 749 contrats signés en seulement 45 minutes.
- 80 000 commandes enregistrées à la clôture du Salon.
- Un impact médiatique mondial : dans la décennie 1950-1960, la présentation de la DS19 fut le deuxième événement le più important au monde en volume de presse, juste derrière la mort de Staline en 1953.
Cet engouement poussera le célèbre sémiologue Roland Barthes à lui dédier un essai mythique, « La Nouvelle Citroën », analysant l’auto comme une véritable œuvre d’art descendue du ciel.
Une « IDée » géniale : La démocratisation du mythe
Dès le 6 octobre 1956, pour élargir son public, la marque présente la ID19. Plus simple mécaniquement (adoption d’une boîte manuelle classique plutôt que le système semi-automatique de la DS), son nom joue habilement sur les mots pour signifier « l’IDée ».
Proposée en versions Luxe, Normale et Confort, elle s’affiche à un tarif plus accessible (894 000 anciens francs pour la Normale, contre 1 065 000 francs pour une DS19), permettant à la silhouette aérodynamique de conquérir toutes les couches de la société.
Plus qu’une voiture, un art de vivre universel
En vingt ans de carrière, la gamme « D » aura tout fait et séduit tout le monde. Voiture officielle des chefs d’État — elle sauvera notamment la vie du Général de Gaulle lors de l’attentat du Petit-Clamart —, elle fut aussi la coqueluche des stars de cinéma, des intellectuels et même des enfants de la contre-culture hippie.
Sa polyvalence technique lui a permis de se décliner en une multitude de silhouettes :
- Berlines d’apparat.
- Versions Break, Familiale et Commerciale ultra-logeables.
- Ambulances équipées de brancards suspendus.
- Somptueux Décapotables d’usine ou carrossés par le maître Henri Chapron.
Exposée à la Triennale de Milan en 1957, elle reçoit le « diplôme de grand mérite » en tant qu’œuvre d’art industrielle. Côté sport, elle s’est forgé un palmarès mémorable sur les pistes les plus destructrices de la planète, s’imposant au rallye Londres-Sydney, au Marathon de la Route, à l’ East African Safari ou encore au Critérium Neige et Glace.
1975 : La fin d’un âge d’or
L’épopée fantastique prend fin le 24 avril 1975, jour où la toute dernière DS23 à injection électronique quitte les chaînes de montage. Terrassée par la conjoncture économique et la psychose du premier choc pétrolier qui condamne les grandes cylindrées, la lignée tire sa révérence après 1,5 million d’exemplaires vendus. Vingt ans plus tard, son esprit d’avant-garde reste la boussole absolue de DS Automobiles.
