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Quand la mode s’empare du mythe : La Citroën SM star anonyme de la dernière campagne Guess

Une trouvaille insolite repérée par envoiturecarine.fr, que nous remercions chaleureusement pour ce clin d’œil patrimonial : dans l’univers feutré de la mode, les communiqués de presse aiment manier la métaphore avec une liberté parfois déconcertante.

Pour lancer sa dernière campagne autour de son sac Allegra, la marque américaine Guess a justifié sa mise en scène par un hommage appuyé au « glamour et à l’énergie des roadsters vintage ». Sauf qu’en découvrant les visuels officiels où pose l’influenceuse Maura Higgins, les passionnés d’automobile ont immédiatement reconnu la silhouette : l’écrin choisi n’a strictement rien d’un roadster, mais tout d’un monument de l’histoire industrielle et du design français — la majestueuse Citroën SM.

L’art de l’icône : Sublimée sans blason ni chevrons

Ce qui frappe au premier regard sur les affiches, c’est l’effacement délibéré de l’identité du constructeur. Aucun gros plan sur les doubles chevrons, aucun monogramme sur la malle arrière et, comble du détournement graphique, l’emplacement de la plaque d’immatriculation sous la célèbre verrière avant est simplement barré du nom du sac : « ALLEGRA ».

Pourtant, malgré ce camouflage marketing, la magie opère instantanément. Plus de cinquante ans après sa révélation en 1970, la ligne aérodynamique sculptée par Robert Opron n’a pas pris une ride :

  • Une proue vitrée carénée intégrant la célèbre rampe de six projecteurs directionnels.
  • Une silhouette fluide en goutte d’eau aux voies arrière nettement plus étroites que le train avant.
  • Des roues arrière semi-carénées conférant une allure de navette spatiale terrestre.

Cette présence sculpturale suffit à éclipser bien des supercars modernes.

Le fantasme de l’ère Concorde au service du luxe

Le choix des directeurs artistiques de la maison californienne de dénicher une SM dorée pour contraster avec des pièces maroquinières en teintes espresso et cognac ne relève pas du hasard. La Citroën SM incarne l’âge d’or d’une France avant-gardiste et triomphante : celle des voyages au long cours à 200 km/h sur autoroute au son du V6 Maserati, du confort souverain de la suspension hydropneumatique et des cortèges présidentiels de Georges Pompidou.

En installant une figure contemporaine de la télévision sur l’aile de ce vaisseau des années 70, la campagne s’offre un raccourci visuel efficace. La SM quitte le registre du véhicule de collection pour devenir une véritable sculpture cinétique, injectant instantanément au produit une aura d’élégance intemporelle et de haute couture.

Quand le dessin pur supplante le logo

Cette mise en scène illustre avec force la force du design originel face aux contraintes contemporaines. Là où les productions modernes, souvent lissées par les normes de sécurité et les impératifs aérodynamiques standardisés, nécessitent d’imposants logos pour être identifiées, la SM s’en affranchit avec insolence.

Qu’on occulte ses chevrons ou qu’on la qualifie improprement de « roadster », ce chef-d’œuvre d’ingénierie et de style continue de fasciner le grand public. Une belle preuve que le génie stylistique qui inspire aujourd’hui l’ADN de DS Automobiles et de Citroën traverse les époques sans jamais s’altérer.

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